Mazal

Après deux années intenses d’une tournée internationale, l’Université retourne en studio. Mazal, second album sorti en 2014 est l’occasion pour Aziz Sahmaoui de s’affirmer d’avantage comme poète et témoin de son temps. Les textes y tiennent une place centrale : personnels (Firdaws), politiques (Une Dune pour deux) ou bucoliques (Yasmine). Pour cette dernière chanson, il compose un flamenco en onze temps et est accompagné par le virtuose Niño Josele à la guitare. Il y célèbre la Tunisie et son Printemps, dont il clame qu’il est éternel et universel, qu’il n’a ni parti, ni race, ni religion. Dans Une Dune pour deux, il nous conte l’histoire de deux voisins qui se disputent les fruits d’un arbre, chacun en revendiquant la propriété. Cette querelle de voisinage leur fait oublier “qu’ils étaient frères et qu’ils ne formaient qu’un”. 

Composé en grande partie pendant les Printemps arabes, cet album est traversé par des sentiments contradictoires. La beauté paisible du printemps y côtoie l’anarchie inhérente aux révolutions. D’une querelle de voisinage – on pense ici aux tensions algéro-marocaines – surgissent les liens profonds qui rassemblent, pour peu qu’on sache les cultiver. L’amour, enfin, y occupe une place importante. L’amour de la terre natale dans le titre Mazal ; l’amour lumière, dialogue entre un fils et sa mère disparue dans Firdaws et son orchestration quasi-symphonique, exprimée par les sanglots d’une flûte aux élans mystiques.

Deux nominations Afrimawards :
Best Traditionnal Artist / Best male Artist North Africa