University of Gnawa

Produit par Martin Meissonnier, le premier album du groupe sort en 2011 et remporte un succès critique et populaire. Aziz Sahmaoui s’y affirme en tant que leader, mais n’oublie jamais de mettre en avant ses compères. En effet, la réussite de cet album tient beaucoup à la complémentarité et la complicité des instrumentistes et aux nombreuses originalités qu’on y trouve. Aziz Sahmaoui a substitué le n’goni au gumbri afin de le faire cohabiter avec la basse d’Alune Wade. Il a ainsi utilisé des cordes plus épaisses avec un son plus grave, et ne joue pas de cet instrument comme le font les griots d’Afrique de l’Ouest mais plutôt à la manière d’un joueur de gumbri. Un nouveau son est créé, source d’inspiration pour de nombreux musiciens. Ce premier album aussi contient des messages politiques et sociaux. Le Proche-Orient est alors en plein bouleversement. Dans la chanson Maktoub, Aziz chante le triste sort d’une petite Fatima dont la maison est détruite par un bombardement. Loin de toute position manichéenne, il questionne également la culture et la société dont il est issu dans Miskina, ballade qui décrit la vie de ces petites bonnes employées par des familles malgré leur très jeune âge. L’album contient également Kahina, « la sorcière », surnom d’une légendaire reine berbère symbole de résistance et de féminité. Dans ce chef-d’œuvre, dont l’ornement musical habille un texte d’une grande force mystique, Aziz demande : pourquoi ces gens-là nous mentent-ils ? Pensent-ils nous tromper avec leurs slogans ?

Prix mondomix – Sélection FIP